Les mystères qui se cachent encore sur Mars

Mars n’a pas fini de livrer ses secrets. La théorie sur un océan « chaud » notamment, a fait couler beaucoup d’encre. Mais elle vient d’être formellement réfutée par les scientifiques américains, les conditions atmosphériques sur la planète rouge étant très rudes. Explications.

Impossibilité de conservation d’eau liquide à la surface

 

Les scientifiques ont établi qu’un océan recouvrait une bonne partie de l’hémisphère nord de la planète. Mais cette eau requiert une température élevée pour rester à l’état liquide à la surface. Et les conditions pour y parvenir sont l’existence d’une atmosphère dense et un effet de serre.

 

Or, des études sur les photos de cratères ont permis au planétologue Edwin Kite de conclure que la densité atmosphérique de Mars est beaucoup trop faible pour éviter le gel de l’eau. Par le passé, elle aurait été 150 fois supérieure, soit l’équivalent de celle de la Terre à l’heure actuelle.

 

Toutefois, une différence de taille entre Mars et la Terre s’opposait à la conservation de cette eau liquide. D’une part, Mars est beaucoup plus éloignée du Soleil que la Terre et est logiquement plus froide. De l’autre, l’activité solaire était plus faible il y a 3 milliards d’années.

 

Théorie sur les traces d’eau observées sur la Planète Rouge

Se pose alors la question de l’origine des traces de lits d’eau, de coulées de boue et de canyons secs observés à la surface de Mars. Kite avance sa version : des réchauffements se seraient produits, notamment lors de séismes ayant provoqué le déplacement polaire.

 

Ses conclusions, combinées à celles de Vladimir Sourdine, un chercheur russe, permettent d’envisager l’histoire de la planète sous un angle différent. La Planète Rouge aurait bien été recouverte d’eau auparavant.

 

Mais contrairement à la Terre, elle aurait été incapable de résister à sa brusque perte d’attraction magnétique et à la perte de son atmosphère. En effet, l’absence du bouclier magnétique aurait permis au vent solaire de disperser dans l’espace la vapeur d’eau et les particules de gaz constituant l’atmosphère. Exposée à l’irradiation, à des températures glaciales et à la sécheresse, la chaîne biologique n’a pas pu survivre à la surface.

 

Cependant, le chercheur n’écarte pas la possibilité de trouver de l’eau infiltrée dans les couches les plus profondes, où la température est plus clémente (jusqu’à 0°C), permettant la « conservation » de microorganismes.

 

De nombreuses questions restent donc en suspens. Gageons que les prochaines générations d’appareils de mesure nous aideront à lever une partie du voile.